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Guide pratique 2026

Après un décès : qui prévenir, dans quel ordre et dans quels délais ?

Une fois le décès déclaré à la mairie, les démarches administratives commencent. Banque, CPAM, caisse de retraite, CAF, assurances, employeur, bailleur, abonnements… Chaque organisme a ses propres délais. Ce guide vous liste tout ce qu'il faut faire, dans quel ordre, avec les documents à fournir et les droits à activer.

📅 Dernière mise à jour : 2026 📖 Lecture : 9 minutes ✅ Informations vérifiées

Vue d'ensemble : l'ordre conseillé des démarches

J+1
Priorité absolue
Banque et employeur, pour stopper les prélèvements et activer la prévoyance
J+30
Dans le mois
CPAM, CAF, caisse de retraite, assurances, droits et aides à activer
J+90
Dans les mois suivants
Notaire, abonnements, bailleur, succession et résiliations

Il n'y a pas d'ordre légalement imposé, mais certains organismes ont des conséquences financières immédiates si on tarde. Le tableau ci-dessous résume l'ordre pratique conseillé.

Organisme Délai conseillé Risque si retard Priorité
Banque Premiers jours Prélèvements indus, découvert Urgent
Employeur Premiers jours Retard solde de tout compte, prévoyance non activée Urgent
CPAM Dans le mois Capital décès non réclamé, droits perdus Important
Caisse de retraite Dans le mois Trop-perçus à rembourser, réversion non demandée Important
CAF Dans le mois Trop-perçus d'aides à rembourser Important
Assurances Dans le mois Capitaux non réclamés, contrats non résiliés Important
Bailleur / syndic Dans les semaines Loyers / charges qui continuent de courir Important
Abonnements Dans les semaines Factures inutiles qui s'accumulent À faire
Notaire / impôts Dans les 6 mois Pénalités de retard sur la déclaration de succession Important
💡 Conseil pratique : demandez 10 à 15 exemplaires de l'acte de décès à la mairie. Préparez une lettre type que vous adapterez pour chaque organisme, vous pourrez envoyer plusieurs courriers en même temps.

La banque : démarche urgente dès les premiers jours

🏛️
La banque du défunt
⏱ Urgence, premiers jours

Informer la banque est la démarche financière la plus urgente. Sans cette notification, les prélèvements automatiques continuent (loyer, abonnements, crédits…) et génèrent un découvert sur un compte qui sera bientôt bloqué.

Comptes individuels : ils sont bloqués dès réception de l'acte de décès. Aucun retrait ni prélèvement ne peut plus avoir lieu. Les fonds sont libérés uniquement dans le cadre de la succession, sur instruction du notaire.

Comptes joints : la banque peut temporairement bloquer le compte, mais le co-titulaire conserve en principe ses droits sur sa part des fonds. Les modalités varient selon les établissements.

Droits à vérifier : si le défunt avait une assurance décès ou une assurance emprunteur liée à un crédit immobilier, renseignez-vous auprès de la banque pour activer ces garanties.

📄 Document : acte de décès
📍 Où : agence ou courrier recommandé
💡 Droit potentiel : assurance emprunteur

L'employeur : solde de tout compte et prévoyance

💼
L'employeur du défunt (si salarié)
⏱ Urgence, premiers jours

Si votre proche était salarié au moment de son décès, son employeur doit être informé rapidement. Cela déclenche plusieurs droits importants pour les héritiers.

Solde de tout compte : l'employeur doit verser aux ayants droit les salaires restant dus, les congés payés non pris, et éventuellement des indemnités selon la convention collective.

Capital décès prévoyance : si l'entreprise avait souscrit un contrat de prévoyance collectif (très courant), un capital décès peut être versé aux bénéficiaires désignés, souvent l'équivalent d'un ou plusieurs salaires annuels bruts. Renseignez-vous auprès des ressources humaines ou du gestionnaire de la prévoyance, et respectez les délais du contrat.

Mutuelle d'entreprise : pensez à demander la radiation du défunt pour éviter des cotisations prélevées inutilement.

📄 Documents : acte de décès, RIB des ayants droit
📍 Où : service RH ou direction
💡 Droit potentiel : capital décès prévoyance

La CPAM : capital décès et clôture des droits

🏥
L'Assurance Maladie (CPAM)
Dans le mois

Informer la CPAM permet de clôturer les droits du défunt, de retourner sa carte Vitale et surtout de demander le capital décès si le défunt était salarié ou demandeur d'emploi indemnisé.

Capital décès en 2026 : son montant est de 3 910 euros. Il est versé en priorité au conjoint ou partenaire de PACS, puis aux enfants à charge, puis aux ascendants. La demande doit être faite dans les 2 ans suivant le décès, ne laissez pas passer ce délai.

Si le défunt était retraité : c'est la caisse de retraite qui gère la plupart des droits. La CPAM reste compétente uniquement pour la clôture de la carte Vitale.

📄 Documents : acte de décès, RIB du bénéficiaire
📍 Où : ameli.fr ou courrier CPAM
💡 Droit potentiel : capital décès 3 910 €
📞 Tél : 36 46

La caisse de retraite : stopper les versements et demander la réversion

📅
La caisse de retraite (si retraité)
Dans le mois

Si le défunt percevait une retraite, il faut agir vite pour deux raisons : stopper les versements et, si vous êtes le conjoint ou partenaire survivant, demander la pension de réversion.

Stopper les versements : les pensions versées après le mois du décès sont des trop-perçus que la caisse réclamera. Plus vous tardez, plus la somme à rembourser sera élevée.

Pension de réversion : elle représente 54 % de la retraite du défunt (régime général), sous conditions de ressources. Le versement peut être rétroactif jusqu'à 12 mois en arrière, faites la demande rapidement pour ne pas perdre de mensualités. La demande se fait sur carsat.fr ou retraite.fr.

Retraites multiples : si le défunt avait cotisé à plusieurs régimes (régime général + Agirc-Arrco, MSA, CRPCEN…), chaque caisse doit être contactée séparément.

📄 Documents : acte de décès, RIB
📍 Où : carsat.fr, retraite.fr
💡 Droit potentiel : pension de réversion 54 %

La CAF : recalcul des aides et éviter les trop-perçus

👨‍👩‍👧
La CAF (Caisse d'Allocations Familiales)
Dans le mois

Si le défunt ou son foyer percevait des aides de la CAF (APL, allocations familiales, RSA, AAH…), le décès modifie la situation et donc les droits. La CAF doit être informée pour recalculer les montants selon la nouvelle composition du foyer.

Attention aux trop-perçus : sans signalement, la CAF continue de verser des aides calculées sur une situation qui n'existe plus. Elle réclamera ensuite le remboursement, parfois plusieurs mois plus tard.

Nouveaux droits potentiels : un décès peut aussi ouvrir de nouveaux droits. Par exemple, l'Allocation de Soutien Familial (ASF) peut être versée à un enfant orphelin de père ou de mère, environ 186,60 €/mois en 2026.

📄 Documents : acte de décès
📍 Où : caf.fr, espace personnel
💡 Droit potentiel : ASF ~186,60 €/mois
📞 Tél : 32 30

Les assurances : capitaux à débloquer, contrats à résilier

🛡️
Les assurances du défunt
Dans le mois

Les démarches auprès des assurances dépendent des contrats souscrits. Faites le tour complet des papiers d'assurance avant d'agir.

Assurance vie : les capitaux versés en cas de décès ne font pas partie de la succession. Les bénéficiaires désignés doivent contacter directement l'assureur avec un acte de décès. L'assureur dispose de 30 jours après réception des documents pour verser les fonds.

Assurance habitation : à résilier ou à transférer au nom du conjoint ou des héritiers. Pendant la procédure de succession, l'assurance reste obligatoire pour le bien.

Assurance auto : à résilier si le véhicule n'est plus utilisé, ou à transférer. Ne laissez pas un véhicule circuler sans assurance, les héritiers pourraient en être tenus responsables.

Assurance emprunteur : si le défunt avait un crédit immobilier avec assurance décès-invalidité, cette garantie peut couvrir le capital restant dû. Contactez rapidement la banque et l'assureur.

📄 Documents : acte de décès, contrats, RIB
📍 Où : chaque assureur directement
💡 Droit potentiel : assurance vie, emprunteur
⚠️ Contrats d'assurance vie non réclamés : environ 13 milliards d'euros de contrats dorment sans avoir été réclamés en France. Si vous pensez que le défunt avait souscrit un contrat sans en avoir informé ses proches, consultez Ciclade.fr (Caisse des Dépôts) ou contactez l'AGIRA (agira.asso.fr). Ces recherches sont gratuites.

Le bailleur, le syndic et les charges liées au logement

🏠
Bailleur ou syndic de copropriété
Dans les semaines

Si le défunt était locataire : le bail n'est pas automatiquement résilié au décès. Les héritiers doivent envoyer une lettre recommandée avec préavis de 1 mois. Le loyer continue de courir jusqu'à la fin du préavis. Si le défunt vivait avec un conjoint ou des enfants, ceux-ci ont le droit au maintien dans les lieux ou à la reprise du bail à leur nom.

Si le défunt était propriétaire : le syndic ou le gestionnaire de bien doit être informé pour mettre à jour les coordonnées du propriétaire et continuer d'envoyer les appels de charges au bon interlocuteur (notaire ou héritiers).

📄 Documents : acte de décès, lettre recommandée
📍 Où : bailleur ou syndic
💡 Délai préavis : 1 mois pour les héritiers

Les abonnements et services : résiliations à planifier

📱
Abonnements et services divers
Dans les semaines

Les abonnements continuent de générer des frais jusqu'à leur résiliation. Plus vous attendez, plus les prélèvements s'accumulent.

Principaux abonnements à résilier :

  • Téléphone mobile et internet (box)
  • Électricité, gaz, eau
  • Magazines, presse en ligne
  • Streaming (Netflix, Spotify, Disney+…)
  • Mutuelles et complémentaires santé
  • Abonnements de transport (carte mensuelle, Navigo…)
  • Clubs de sport, associations

Procédure : lettre recommandée ou formulaire en ligne mentionnant le décès, avec une copie de l'acte de décès. La grande majorité des prestataires appliquent la résiliation sans frais ni pénalité en cas de décès.

Comptes numériques : pensez aussi aux comptes sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, LinkedIn), aux boîtes mail et aux comptes d'achats en ligne (Amazon, PayPal…). Certains réseaux permettent de demander la mémorisation ou la suppression du compte.

📄 Documents : copie acte de décès souvent suffisante
💡 Résiliation sans frais en cas de décès

Autres organismes selon la situation du défunt

Selon la situation personnelle et professionnelle du défunt, d'autres organismes peuvent devoir être contactés :

🗂️
Autres organismes selon la situation
À identifier selon le cas

France Travail (Pôle emploi), Si le défunt percevait l'ARE (allocation chômage) : envoyer un courrier avec acte de décès pour stopper les versements et éviter des trop-perçus à rembourser par la succession.

Services fiscaux (impôts), La succession doit déposer une déclaration de succession dans les 6 mois suivant le décès. Une déclaration de revenus de l'année du décès devra également être établie par les héritiers.

Notaire, Indispensable si la succession comprend un bien immobilier, si la valeur dépasse 5 000 € ou si le défunt avait rédigé un testament. Le notaire coordonne les démarches successorales et informe lui-même certains organismes.

MDPH, Si le défunt percevait une AAH ou bénéficiait d'une reconnaissance RQTH, informer la MDPH du décès.

Médecin traitant, Pour annuler les prochains rendez-vous et permettre au médecin de clôturer le dossier médical.

Véhicule, Si le défunt possédait un véhicule : mettre à jour ou annuler le certificat d'immatriculation sur le site de l'ANTS.

Erreurs fréquentes à éviter

🚫
Ne pas prévenir la banque rapidement
C'est souvent la première erreur coûteuse. Des prélèvements automatiques continueront jusqu'à ce que la banque soit informée, créant un découvert sur un compte bientôt bloqué. Allez en agence ou envoyez un courrier recommandé dès les premiers jours.
🚫
Oublier de demander le capital décès à la CPAM
Le capital décès de 3 910 € (2026) est méconnu de beaucoup de familles. Il doit être réclamé dans les 2 ans suivant le décès. Passé ce délai, le droit est définitivement perdu.
🚫
Ne pas réclamer la pension de réversion dans les délais
La pension de réversion peut être versée rétroactivement jusqu'à 12 mois en arrière, mais seulement si la demande est faite à temps. Contactez la caisse de retraite même si vous n'êtes pas certain d'y avoir droit, un formulaire déposé ne vous engage à rien.
🚫
Ne pas signaler le décès à la CAF
Les aides CAF calculées sur un foyer de deux personnes seront versées indûment. La CAF réclamera ces trop-perçus, parfois plusieurs mois après. Le signalement se fait en quelques minutes sur caf.fr dans l'espace personnel.
🚫
Laisser les abonnements actifs trop longtemps
Chaque mois de retard représente des frais inutiles. Établissez une liste des abonnements du défunt à partir de ses relevés de compte et procédez aux résiliations groupées dès que possible.
🚫
Ne pas chercher les contrats d'assurance vie non connus
Le défunt peut avoir souscrit des assurances vie sans en avoir informé ses proches. Consultez Ciclade.fr (service officiel de la Caisse des Dépôts) ou contactez l'AGIRA pour rechercher d'éventuels contrats non réclamés. C'est gratuit.

✅ Checklist complète : organismes à prévenir

Pages associées sur les démarches après un décès

Questions fréquentes

Les plus urgents dans les premiers jours sont la banque (pour bloquer les comptes et stopper les prélèvements) et l'employeur si le défunt était salarié (solde de tout compte, capital prévoyance). Dans le mois : la CPAM (capital décès de 3 910 €), la caisse de retraite si le défunt était retraité (stopper la pension et demander la réversion), et la CAF si des aides étaient perçues.
Des prélèvements automatiques (loyer, abonnements, crédits…) continueront d'être débités, générant un découvert sur un compte qui sera bientôt bloqué par la succession. Ces prélèvements devront être régularisés, créant des complications pour les héritiers. Informez la banque dès les premiers jours avec un acte de décès.
Oui, dans le mois, si le défunt ou son foyer percevait des aides (APL, allocations familiales, RSA…). Sans signalement, la CAF versera des aides calculées sur une situation qui n'existe plus et réclamera les trop-perçus. Le décès peut aussi ouvrir de nouveaux droits : l'Allocation de Soutien Familial (ASF), environ 186,60 €/mois en 2026, pour un enfant orphelin de père ou de mère.
Envoyez à chaque prestataire une lettre de résiliation avec une copie de l'acte de décès. La grande majorité des fournisseurs appliquent la résiliation sans frais ni pénalité en cas de décès. Les abonnements continuent de générer des frais jusqu'à leur résiliation, plus vous agissez tôt, mieux c'est. N'oubliez pas les abonnements numériques (streaming, applications, réseaux sociaux).
Oui. Si le défunt percevait l'allocation chômage (ARE), France Travail doit être informé pour interrompre les versements. Les trop-perçus après le décès devront être remboursés par la succession. Envoyez un acte de décès à l'agence France Travail dont dépendait le défunt.
Oui, et c'est même recommandé. Préparez en avance une série d'enveloppes avec une lettre type adaptée à chaque organisme et un exemplaire d'acte de décès. Vous pouvez aussi utiliser Mon.service-public.fr qui propose, pour certains organismes, une notification simultanée du décès via un espace unique.
Deux ressources officielles existent : Ciclade.fr (site de la Caisse des Dépôts) pour les contrats en déshérence non réclamés depuis plus de 10 ans, et l'AGIRA (agira.asso.fr) pour les recherches plus récentes. Ces services sont gratuits et permettent d'identifier si le défunt était bénéficiaire ou souscripteur d'un contrat d'assurance vie.

En résumé

Après un décès, les démarches s'organisent en trois vagues : en urgence dans les premiers jours (banque, employeur), dans le mois (CPAM, caisse de retraite, CAF, assurances), puis dans les semaines et mois suivants (bailleur, abonnements, notaire, impôts). Chaque démarche manquée ou retardée peut entraîner un trop-perçu à rembourser ou un droit définitivement perdu. Préparez vos enveloppes à l'avance et traitez les organismes par ordre de priorité.

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