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Guide pratique 2026

Obligation alimentaire : qui doit payer, combien, et comment en être dispensé

Un courrier du département vous demande de participer aux frais d'EHPAD d'un parent ? C'est l'obligation alimentaire, une règle du Code civil que la plupart des familles découvrent à ce moment précis. Voici comment elle fonctionne, ce qu'on peut vraiment vous demander, et les cas où vous n'avez rien à payer.

📅 Mis à jour le 📖 Lecture : 6 minutes 📋 Cerfa 15454

Chiffres clés 2026

0
Barème national
Le montant est fixé au cas par cas, selon les besoins et les ressources
50 €
Pour saisir le juge
Timbre fiscal de la requête au juge aux affaires familiales
36 mois
De placement = dispense
Enfant retiré de son milieu familial avant ses 18 ans
2024
Petits-enfants dispensés
Pour l'aide sociale à l'hébergement, depuis la loi du 8 avril 2024

Qui doit aider qui ?

L'obligation alimentaire, c'est la solidarité familiale inscrite dans la loi : les articles 205 et suivants du Code civil obligent certains proches à aider un membre de la famille dans le besoin, c'est-à-dire incapable de couvrir seul ses besoins essentiels (se nourrir, se loger, se soigner). Elle est réciproque : les parents la doivent à leurs enfants, et les enfants à leurs parents. L'aide peut prendre la forme d'un versement d'argent ou d'une aide en nature, comme un hébergement ou des courses.

Qui est tenuEnvers quiÀ savoir
Enfants, petits-enfants et autres descendantsParents, grands-parents et autres ascendants dans le besoinSans limite de degré de parenté, et réciproquement
Gendres et belles-fillesBeaux-parents dans le besoinL'obligation cesse en cas de divorce, ou au décès du conjoint s'il n'y a pas d'enfant vivant issu de l'union
Concubins et partenaires de PacsPersonneAucune obligation envers les parents de son ou sa partenaire : seul le mariage crée ce lien
Deux règles protectrices à connaître :
  • Pas de solidarité entre frères et sœurs : chacun contribue selon ses propres moyens. Personne ne peut être forcé de payer la part d'un frère ou d'une sœur qui ne paie pas.
  • Pas de hiérarchie entre les obligés : descendants, gendres et belles-filles sont tenus de la même manière, chacun selon ses ressources.

Dans quelles situations est-elle demandée ?

Le cas le plus fréquent, et souvent la découverte brutale de cette obligation, est la demande d'ASH (aide sociale à l'hébergement) quand un parent entre en EHPAD sans pouvoir payer : le département interroge alors les obligés alimentaires sur leurs ressources avant de fixer sa prise en charge. Les hôpitaux publics peuvent aussi solliciter les obligés alimentaires pour des frais d'hospitalisation impayés. Enfin, un parent dans le besoin peut demander directement une pension à ses enfants, à l'amiable ou devant le juge.

Combien peut-on vous demander ?

Il n'existe aucun barème national. Le montant dépend de deux choses : les besoins réels de la personne à aider, et vos ressources après déduction de vos charges. Un principe protège l'obligé : la contribution fixée doit lui laisser de quoi vivre et faire vivre son foyer. Beaucoup de départements publient un barème indicatif pour l'ASH, avec un seuil de ressources en dessous duquel aucune participation n'est demandée : renseignez-vous auprès du vôtre.

Bon à savoir pour les couples : les revenus de votre conjoint, partenaire ou concubin ne s'ajoutent pas aux vôtres, car l'obligation est personnelle. Ils ne sont pris en compte qu'indirectement, parce qu'ils réduisent vos charges de foyer, ou si votre conjoint est lui-même sollicité en tant que gendre ou belle-fille.

Exemple : trois enfants, trois situations, trois contributions différentes

La mère de Claire, Paul et Julie entre en EHPAD et demande l'ASH. Le département examine chaque enfant : Claire, cadre avec de bons revenus, se voit proposer 250 €/mois selon le barème local. Paul, au SMIC avec deux enfants à charge, est en dessous du seuil : aucune participation ne lui est demandée. Julie, revenus moyens, contribue 90 €/mois. Personne ne paie pour Paul, et chacun peut demander une révision si sa situation change.

Les dispenses : quand on n'est pas tenu de payer

La loi reconnaît qu'on ne doit rien à un parent qui a failli. Certaines dispenses sont automatiques :

Vous êtes dispensé de plein droit si :
  • Le parent s'est vu retirer l'autorité parentale (sauf disposition contraire du jugement)
  • Vous avez été retiré de votre milieu familial par décision judiciaire pendant au moins 36 mois cumulés avant vos 18 ans
  • Le parent a été condamné pour un crime commis sur vous ou sur l'un de vos proches (le juge prononce la décharge, sauf décision contraire)
  • Vous êtes petit-enfant et la demande concerne l'ASH d'un grand-parent (loi du 8 avril 2024)

En dehors de ces cas, l'article 207 du Code civil permet de demander au juge aux affaires familiales une décharge totale ou partielle si le parent a gravement manqué à ses obligations envers vous : abandon, violences, désintérêt prolongé pendant l'enfance. Il faut pouvoir l'établir : attestations de proches, décisions de justice de l'époque, dossiers de l'aide sociale à l'enfance. C'est une démarche éprouvante mais reconnue par les tribunaux.

En cas de désaccord : l'amiable d'abord, le juge ensuite

Avant toute procédure, la loi encourage la voie amiable : discussion familiale, courrier, ou médiation familiale. Si le désaccord persiste (sur le principe, le montant ou la répartition), le juge aux affaires familiales tranche. La requête se fait avec le formulaire Cerfa 15454, accompagné d'un timbre fiscal de 50 € (gratuit avec l'aide juridictionnelle), sans avocat obligatoire. Le département (pour l'ASH) et les hôpitaux peuvent eux aussi saisir le juge.

Télécharger la requête au juge (page officielle) →

⚠️ Une pension fixée par le juge s'impose. Ne pas la payer pendant plus de 2 mois constitue un délit d'abandon de famille, passible de poursuites, et le créancier peut engager un recouvrement forcé. Si votre situation change (perte d'emploi, séparation, nouvelles charges), ne cessez pas de payer : demandez au juge une révision ou une suppression de la pension.

Et côté impôts ?

Les sommes versées au titre de l'obligation alimentaire sont déductibles de votre revenu imposable, à condition que le parent soit réellement dans le besoin et que vous puissiez justifier les versements : virements, factures d'EHPAD payées directement, quittances. Si vous hébergez le parent sous votre toit, l'administration fiscale admet une déduction forfaitaire, actualisée chaque année, sans justificatifs détaillés. En miroir, le parent doit déclarer ces sommes dans ses propres revenus.

Questions fréquentes sur l'obligation alimentaire

Non. L'obligation alimentaire et la succession sont deux choses distinctes : renoncer à l'héritage ne supprime ni l'obligation alimentaire, ni la participation aux frais d'obsèques d'un parent, que les enfants doivent assumer à proportion de leurs moyens même en cas de renonciation.
S'il est marié avec vous, oui : en tant que gendre ou belle-fille, il peut être sollicité pour ses beaux-parents, avec ses propres ressources. En revanche, vos revenus respectifs ne s'additionnent pas : chacun est évalué séparément. Les concubins et partenaires de Pacs, eux, ne doivent rien aux parents de leur compagne ou compagnon.
Non. Le divorce met fin à l'obligation alimentaire envers les beaux-parents. Elle cesse aussi au décès de votre conjoint s'il n'y a pas d'enfant vivant issu de votre union.
Vous pouvez demander au juge aux affaires familiales une décharge sur le fondement de l'article 207 du Code civil, en démontrant le manquement grave (abandon, violences, désintérêt prolongé). Et si vous avez été placé au moins 36 mois cumulés avant vos 18 ans, ou si l'autorité parentale a été retirée, la dispense est automatique.
Pour l'ASH d'un grand-parent, non : ils sont dispensés depuis la loi du 8 avril 2024, dans tous les départements. En dehors de ce cadre, le Code civil maintient en théorie une obligation entre grands-parents et petits-enfants, mais elle est rarement mise en œuvre en pratique.
Le département vous propose une participation selon son barème dans le cadre de l'ASH. Si vous acceptez, elle s'applique. Si vous refusez ou contestez le montant, seul le juge aux affaires familiales peut fixer votre contribution de manière contraignante : le département devra le saisir.

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Questions fréquentes

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