L'APA : l'aide centrale pour rester autonome
L'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) est le dispositif principal pour les personnes de 60 ans et plus en perte d'autonomie. Elle est accordée par le Conseil Départemental après évaluation de votre niveau de dépendance avec la grille AGGIR, qui aboutit à un niveau GIR de 1 (très dépendant) à 6 (autonome). Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l'APA.
L'APA peut financer deux choses très différentes selon la situation : des heures d'aide à domicile (auxiliaire de vie, aide-ménagère, portage de repas) lorsque la personne vit chez elle, ou une contribution aux frais de dépendance en EHPAD lorsqu'elle est en établissement. Dans les deux cas, son montant dépend du GIR et des ressources du bénéficiaire — une participation financière est demandée au-delà d'un certain revenu.
La demande se fait auprès du Conseil Départemental. Un médecin ou une assistante sociale se rend au domicile pour évaluer la situation réelle. Le délai légal d'instruction est de 2 mois. En cas d'urgence médicale, une APA provisoire peut être accordée sous 15 jours.
Choisir entre domicile et EHPAD
C'est souvent la question la plus difficile à trancher. Le maintien à domicile est possible dans beaucoup de situations, même lourdes, à condition de mettre en place les bons services : auxiliaire de vie plusieurs heures par jour, SSIAD pour les soins infirmiers, téléassistance, portage de repas, accueil de jour pour les proches aidants. L'APA à domicile finance une grande partie de ces interventions.
L'entrée en EHPAD s'impose lorsque les besoins de surveillance et de soins sont permanents, lorsque l'isolement devient dangereux, ou lorsque l'aidant principal est épuisé. Ce n'est pas un abandon : c'est souvent la décision qui préserve à la fois la sécurité de la personne et la santé de ceux qui l'entourent.
Sur le plan financier, les deux options sont aidées mais de manière différente. À domicile, l'APA finance directement les heures d'aide. En EHPAD, elle contribue au tarif dépendance de l'établissement. Dans les deux cas, d'autres aides peuvent s'y ajouter : APL, aide sociale, crédit d'impôt. Le reste à charge moyen en EHPAD est d'environ 1 850 € par mois après déduction des aides — une somme importante qui nécessite souvent d'anticiper.
Les droits des proches aidants
Accompagner un parent dépendant au quotidien a un coût réel : professionnel, physique, financier. La loi reconnaît ce rôle et prévoit plusieurs dispositifs pour soutenir les aidants, à condition de les connaître et de les activer.
Le congé de proche aidant permet à un salarié de cesser temporairement son activité pour s'occuper d'un proche dépendant (GIR 1 à 3 ou handicap reconnu). Il est indemnisé via l'AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant) versée par la CAF, à hauteur de 66,64 € par jour en 2026. Ce congé est fractionnable en jours ou demi-journées, dans la limite d'un an sur toute la carrière.
Au-delà du congé, les aidants peuvent bénéficier d'un droit au répit : lorsque la personne aidée bénéficie de l'APA, un forfait répit peut financer un hébergement temporaire ou un accueil de jour pour permettre à l'aidant de souffler. Ce forfait peut atteindre 583,52 € par an (plafond 2026) en complément du plan d'aide APA.
Les périodes de congé de proche aidant sont également validées pour la retraite via l'Assurance Vieillesse des Aidants (AVA), depuis 2020, ce qui limite l'impact sur les droits à pension.
Accédez directement à une fiche
Évaluation et allocation
Rester à domicile
Entrer en EHPAD
Droits des aidants familiaux
Démarches spécifiques
Questions fréquentes sur la perte d'autonomie
En résumé
Face à la perte d'autonomie d'un proche, les démarches s'organisent en trois temps : l'évaluation du niveau de dépendance (grille AGGIR, GIR), l'activation des aides financières et humaines (APA, aide à domicile, EHPAD), puis la protection des droits de l'aidant (congé, AJPA) et de la personne (tutelle si nécessaire). N'attendez pas : un assistant social au CCAS de votre mairie, à l'hôpital ou au Conseil Départemental peut vous orienter gratuitement.
