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Guide pratique 2026

ASH : l'aide sociale à l'hébergement, comment ça marche

Quand la retraite ne suffit pas à payer l'EHPAD, l'aide sociale à l'hébergement prend le relais : le département règle la différence directement à l'établissement. En contrepartie, des règles précises s'appliquent : participation de la famille, récupération sur la succession. Voici ce qu'il faut savoir, sans mauvaise surprise.

📅 Mis à jour le 📖 Lecture : 6 minutes 📋 Dossier départemental (pas de Cerfa national)

Chiffres clés 2026

90 %
Des revenus reversés
À l'établissement, allocation logement comprise
125 €
Minimum laissé chaque mois
Pour les dépenses personnelles, quoi qu'il arrive
2 mois
Pour déposer la demande
Après l'entrée, pour une prise en charge dès le premier jour
1 043,59 €
Garantis au conjoint
S'il reste vivre à domicile, minimum laissé chaque mois

L'ASH, c'est quoi et pour qui ?

L'aide sociale à l'hébergement est le filet de sécurité quand la retraite ne suffit pas à payer la maison de retraite. Le principe est simple : le conseil départemental paie directement à l'établissement la différence entre la facture et ce que la personne peut verser, éventuellement complété par une participation de la famille. Personne ne peut donc se voir refuser une place faute de moyens, à condition de respecter quelques règles.

Les conditions pour en bénéficier :
  • Avoir 65 ans ou plus, ou 60 ans si l'on est reconnu inapte au travail
  • Résider en France de façon stable et régulière (titre de séjour en cours de validité pour les personnes étrangères)
  • Avoir des ressources inférieures au montant des frais d'hébergement
  • Être hébergé dans un établissement habilité à l'aide sociale : EHPAD, résidence autonomie, USLD, ou chez un accueillant familial agréé
⚠️ Vérifiez l'habilitation avant de choisir l'établissement. Tous les EHPAD ne sont pas habilités à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale, et certains ne le sont que pour une partie de leurs places. Sans place habilitée, pas d'ASH. Cette information figure dans l'annuaire officiel des établissements sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr : c'est un critère à vérifier dès la recherche d'un EHPAD, avant de signer.

Combien reste-t-il pour vivre ?

La personne hébergée reverse 90 % de ses revenus à l'établissement, allocation logement comprise. Les 10 % restants lui sont laissés pour ses dépenses personnelles (coiffeur, vêtements, petits achats), avec un plancher : jamais moins de 125 € par mois en 2026. Ce minimum est indexé sur le minimum vieillesse et revalorisé chaque année.

Presque toutes les ressources sont prises en compte, y compris les revenus du patrimoine et ceux de la personne avec qui elle vit en couple. Seules exceptions : la retraite du combattant et les pensions attachées aux distinctions honorifiques, comme la Légion d'honneur.

Si le conjoint, partenaire de Pacs ou concubin reste vivre à domicile, il est protégé : la loi lui garantit de conserver au minimum 1 043,59 € par mois pour vivre.

Exemple : Mme Martin, 87 ans, retraite de 1 200 €/mois, EHPAD habilité facturé 2 400 €/mois

Mme Martin reverse 90 % de ses revenus, soit 1 080 €, et conserve 120 €. Ce montant étant inférieur au plancher, il est porté à 125 € : elle reverse donc 1 075 €. Le département sollicite ses deux enfants au titre de l'obligation alimentaire, par exemple 150 € chacun selon le barème local. L'ASH prend en charge le reste : 2 400 - 1 075 - 300 = 1 025 € par mois, versés directement à l'établissement.

L'obligation alimentaire : la famille peut être sollicitée

Avant d'accorder l'ASH, le département examine si les proches peuvent contribuer. C'est l'obligation alimentaire : elle concerne les enfants, ainsi que les gendres et belles-filles. Chaque département applique son propre barème, calculé sur les revenus et les charges de chacun. La participation demandée peut aller de quelques dizaines à quelques centaines d'euros par mois et par personne.

Deux protections importantes : les petits-enfants sont dispensés de cette obligation depuis la loi du 8 avril 2024, quel que soit le département. Et un enfant peut demander à être déchargé de son obligation si le parent a gravement manqué aux siennes par le passé (abandon, maltraitance) : c'est le juge aux affaires familiales qui tranche, tout comme en cas de désaccord sur le montant.

La récupération : à comprendre avant de demander

Contrairement à l'APA, l'ASH n'est pas un droit définitivement acquis : c'est une avance du département, qui peut en demander le remboursement. Cela ne doit pas dissuader de la demander, mais mieux vaut le savoir dès le départ pour éviter les mauvaises surprises aux héritiers.

⚠️ Ce que le département peut récupérer : au décès, les sommes versées sont récupérables sur la succession dès le premier euro d'actif net (après déduction des dettes), sans seuil minimal contrairement à l'ASPA. Du vivant, une récupération est possible si la situation financière s'améliore nettement (héritage, vente d'un bien) et sur les donations faites dans les 10 ans précédant la demande ou après celle-ci. En revanche, si la personne ne laisse aucun patrimoine, rien n'est réclamé aux enfants au-delà de leur éventuelle obligation alimentaire.

Comment faire la demande, étape par étape

Il n'existe pas de formulaire national : chaque département a son propre dossier et son propre règlement. Le dossier se retire à la mairie ou au CCAS (centre communal d'action sociale) de la commune où vit la personne âgée, et de plus en plus de départements proposent la démarche en ligne. Le CCAS transmet ensuite le dossier complet au conseil départemental, qui notifie sa décision.

Le point le plus important est le calendrier : pour que la prise en charge démarre dès la date d'entrée dans l'établissement, la demande doit être déposée dans les 2 mois qui suivent cette entrée. Le plus sûr est de lancer la demande d'ASH en même temps que le dossier d'admission.

ASH, APA, APL : qui paie quoi en établissement ?

La facture d'un EHPAD se découpe en trois parts, et chacune a son financeur. L'ASH ne couvre que l'hébergement (elle peut, sous conditions, aider aussi sur la part dépendance), et elle se cumule avec les autres aides.

Part de la factureCe qu'elle couvreQui peut la financer
HébergementChambre, repas, entretien, animationASH si ressources insuffisantes, APL ou ALS si logement conventionné
DépendanceAide au quotidien selon le GIRAPA en établissement
SoinsSuivi médical, personnel soignantAssurance maladie, directement à l'établissement

Questions fréquentes sur l'ASH

Non. Seuls les établissements habilités à l'aide sociale, entièrement ou pour une partie de leurs places, ouvrent droit à l'ASH. Vérifiez ce point dans l'annuaire officiel des établissements ou directement auprès de l'EHPAD avant de signer le contrat de séjour. Une admission exceptionnelle dans un établissement non habilité reste possible dans certains cas, notamment quand les ressources du résident se dégradent après plusieurs années de séjour.
Pas nécessairement. Le département examine les revenus et les charges de chaque obligé alimentaire selon son barème : en dessous d'un certain seuil, aucune participation n'est demandée. En cas de désaccord sur le montant, c'est le juge aux affaires familiales qui fixe la contribution de chacun.
Non. Depuis la loi du 8 avril 2024, les petits-enfants sont dispensés de l'obligation alimentaire pour les demandes d'ASH de leurs grands-parents, dans tous les départements. Seuls les enfants, gendres et belles-filles peuvent être sollicités.
Le département ne saisit pas les biens du vivant de la personne, mais il récupère les sommes versées sur la succession, dès le premier euro d'actif net. Concrètement, si la maison fait partie de l'héritage, les sommes d'ASH versées seront déduites de ce que reçoivent les héritiers, dans la limite de la valeur de la succession. Les donations faites dans les 10 ans précédant la demande peuvent aussi être concernées.
Oui, et c'est même le montage habituel : l'APA en établissement couvre la part dépendance, l'APL ou l'ALS réduit la part hébergement si le logement est conventionné, et l'ASH complète ce qui manque. Attention, l'allocation logement est comptée dans les ressources reversées à l'établissement.
Un refus n'est jamais définitif. Vous disposez de 2 mois pour former un recours administratif préalable auprès du département, puis, en cas de nouveau refus, pour saisir le tribunal administratif. Pensez aussi à la demande de révision si la situation financière a changé depuis le dépôt du dossier.

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Questions fréquentes

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Ma compagne a été touchée par une maladie grave (un cancer), et à ce moment-là, nous nous sommes retrouvés complètement démunis face aux démarches administratives. Nous ne savions pas quelles démarches faire, dans quel ordre, ni vers quels organismes nous tourner.

Il nous a fallu beaucoup de temps pour comprendre toutes les étapes à suivre : du temps et de l'énergie que nous n'avions pas forcément, en plus de traverser une période déjà difficile.

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